The croatian journalist Zeljko Peratovic investigates on war and organized crimes in Southeast Europe

January 15th, 2007

Le cas Levar

FOKUS, 01. septembre 2000

Milan Levar Fokus

Qu’est ce que Milan Levar a dit à notre journaliste immédiatement
avant sa mort ? Les témoins volent dans les cieux

Le cas Levar

Notre journaliste a téléphoné à Milan Levar immédiatement avant son assassinat. Cet émouvant récit a été écrit de la main de son ami et bon connaisseur des jeux obscurs dans le vestibule croate de La Haye.

Témoignage sur l’ami assassiné

Dernier entretien avec Micho

(NdT : Micho est le diminutif affectif croate du prénom Milan)

Quand le lundi 28 août, autour de 17h, mon collègue et ami de « Novi list » Robert Frank m’a apppelé en me demandant si je pouvais vérifier l’information anonyme arrivée à sa rédaction selon laquelle Milan Levar s’était suicidé, je lui ai dit que je n’avais pas envie de perdre de temps avec des sottises. J’avais parlé par téléphone avec Micho ce jour-là, vers midi et il m’avait laissé l’impression d’être mieux disposé que jamais. Il avait commenté dans le journal l’intervention de Mile Kosović, ancien commandant du régiment des « Domobrani » (défenseurs ndt) de Gospić, lequel, avec le général Rahim Ademi, avait été le « Pedro » de l’action de Medački džep. Levar s’était réjoui du fait que Kosović « commençait à parler même si il n’avait dit qu’un centième de la vérité ». Il commenta : « les rapports se brisent entre ceux qui sont responsables de cette honte croate. Kosović n’a pas directement parlé des crimes de guerre commis pendant cette opération, mais il est évident qu’il n’a pas parlé sans raison. Il a peur pour lui-même et il nomme le général Norac, puis la double ligne de commandement du ministre Šušak dans l’armée croate, et cela est déjà quelque chose. Voilà, au moins Levar n’est pas le seul qui est près à parler de ces choses ».

A cette occasion, Milan m’a alerté sur la grave situation dans laquelle se trouvait la sœur de Zdenko Ropac, un des témoins de La Haye concernant le cas Gospić. Devant les incessantes menaces « à cause de la traîtrise de son frère », elle avait demandé un refuge provisoire dans une clinique psychiatrique. « Tu ne dois pas écrire à ce sujet, mais il est bien que tu saches » m’a-t-il dit. Il s’est aussi plaint d’un ancien politicien de Lika, qui « calcule indéfiniment quelque chose, mais qui est prêt à parler des crimes de Gospić uniquement quand il est directement menacé ; mais tu sais, lui aussi est responsable ce certains méfaits qui se sont déroulés en Lika ».

Milan m’a annoncé notre prochaine rencontre et m’a indiqué les personnes chez qui je pourrai chercher les documents désignés, liés aux évènements qui se sont déroulés durant l’action Medački džep. Il a ajouté qu’il allait m’appeler dans la soirée car il avait maintenant quelque chose à faire dans son atelier.

Il se croyait indestructible

Comme Milan Levar était quelqu’un enclin à l’humour noir, j’ai finalement décidé de l’appeler et de lui demander s’il s’était suicidé.

Au téléphone dans l’appartement, et sur plusieurs téléphones portables qu’il possédait, personne ne répondait. Cela m’a un peu inquiété, mais j’ai pensé qu’il était possible qu’il se soit décidé brusquement pour un voyage avec sa famille, avec son épouse Vesna et son fils Léon, ce qui n’était pas rare. Peut-être étaient-ils descendus jusqu’à Karlobag pour une baignade ?

J’ai appelé une connaissance commune, un ancien haut fonctionnaire de l’état major de l’Armée Croate, et je lui ai demandé en blaguant s’il n’avait pas entendu courir le bruit que Levar s’était suicidé. « Il ne s’est pas suicidé mais il est mort, son épouse Vesna vient de me l’annoncer. Il a été victime d’une explosion dans son atelier »

Stupéfait, j’ai transmis l’information à Frank à Rijeka. Tout m’a semblé clair et je n’ai pas douté un instant qu’il était mort dans un attentat, même si des informations me sont rapidement parvenues, selon lesquelles il avait été victime d’une manipulation imprudente d’une bouteille de gaz.

Ensuite, un de ses amis que j’ai connu sur le front, fonctionnaire d’un des services croates du renseignement, m’a appelé paniqué : « Ils l’ont tué ! Je lui ai dit il y a quelques jours qu’ils préparaient sérieusement sa liquidation et qu’il devait arrêter de se montrer en public. Il est allé trop loin. Il pensait qu’il était indestructible. Il ne m’a pas écouté ! »

L’agent secret répétait, comme un disque abîmé, qu’il avait bien dit à Milan de ne pas se mêler des affaires louches. J’ai difficilement arrêté la conversation poliment.

Temoin de la Haye

Monsieur Levar était conscient qu’il pouvait être arrêté dans son action par un assassinat. Mais comment et pourquoi a-t-il été assassiné après le 3 janvier 2000 ? Il s’en réjouissait comme un enfant, en disant que L’Etat de droit avait frappé à la porte de la Croatie et que maintenant nous n’avions plus besoin du tribunal de la Haye. « Nous pourrons juger nos criminels dans notre Etat de droit et démocratique… » m’a-t-il dit , encouragé, pendant une courte rencontre, après avoir participé, en tant qu’ami de la famille du président Mesić, à la cérémonie d’intronisation présidentielle.

De 1992 à aujourd’hui, Milan Levar avait donné une centaine d’interview aux médias croates et étrangers et depuis 1997, il avait aussi parlé au Tribunal de la Haye des méfaits qui s’étaient produits à Gospić en 1991. Plusieurs attentats avaient été perpétrés contre lui, on avait tiré sur sa maison natale dans laquelle habitait sa mère Katica, et aussi dans la cour où il avait maintenant perdu la vie. On avait même essayé de le tuer en l’empoisonnant et depuis il ne prenait plus de café avec du sucre. Il portait sur lui du sucre artificiel.

Avant la guerre, il participait à chaque bagarre à Gospić. Il avait été exclu de « l’Académie de l’air » de Mostar car, à l’âge de 15 ans, Il s’était élancé sur un capitaine qui avait blessé sa fierté nationale croate.

De la guerre, on s’en souvient comme d’un ardent combattant. Il combattait sur la première ligne de défense de Gospić, avec une trentaine d’hommes, qui durant l’été 1991, comme escouade d’intervention de Païo Šimić tenaient les premières positions en direction de Lički Osiku.

Il avait croisé trop souvent la mort, et c’est pourquoi son humour noir était difficilement compréhensible pour les gens trop sensibles. Il me parlait, en riant, des fossoyeurs qui transportaient sur leur dos les corps à moitié décomposés des victimes des crimes de guerre, et « les vers grands comme des amuse-gueules glissaient sur le dos des fossoyeurs ».

Il m’a raconté qu’il avait abandonné l’armée quand il avait lui-même reçu l’ordre de tuer les civils. « Je ne suis pas allé à la guerre pour tuer des grands-mères comme ceux actuellement au pouvoir qui ont acheté leur « croaticité » en échange de sang et d’argent ». Telle était la phrase qu’il employait comme locution.

Micho et les rédempteurs du passé des « udbaši »

(NdT : agents secrets et collaborateurs des services ex-yougoslaves communistes)

Milan ne buvait plus d’alcool depuis 15 ans déjà, depuis la mort de son père. Il ne buvait que du café et de l’eau minérale. Vous auriez pu parler avec lui des heures et constater qu’il ne buvait que ça. Ceux qui ne l’aimaient pas y trouvaient aussi le signe que Milan n’était pas normal. Un ex-politicien du HDZ (Union Nationale croate) essayait de me convaincre, l’hiver dernier, en vidant une dixième bouteille de bière, que Milan Levar n’est pas un vrai homme, car « les vrais hommes ne boivent pas d’eau minérale » ! Puis, « celui qui peut supporter cela des heures durant, a certainement ruiné pas seulement sa santé physique mais aussi psychique. »

Quand, un jour avant sa mort, j’ai parlé à la terrasse de l’hôtel Dubrovnik à Zagreb du cas de Medački džep, avec deux personnes de Lika, l’un, agent secret et l’autre, haut fonctionnaire du HDZ, les deux ont essayé de me convaincre que Milan Levar était un malade psychique. Pourquoi n’arrêtait-il pas de parler une bonne fois pour toute ? Le monde repose sur des arrangements. Pourquoi n’accepte-t-il pas ce qu’on lui propose ? S’il était intelligent il aurait pu vivre mieux depuis longtemps. Pense-t-il qu’il est le Christ? Rien ne sera démontré uniquement avec ses paroles, les preuves écrites sont nécessaires ! « Il y a différents ossements en Lika, même depuis les Turcs. Sur certaines charniers poussent déjà des forêts » !

Il y avait déjà un certain temps que j’avais compris que ses alliés récents lui tournaient le dos. Tout ce que disaient sur lui ses ennemis de toujours ne me touchaient pas ; je l’acceptais comme si quelqu’un me disait bonjour. Je n’étais pas beaucoup surpris des propos de ces deux personnes de Lika ; je lui ai transmis une partie de leurs propos. Il n’était pas particulièrement surpris.

Levar pokraj Šaranove jame
Tomislav Orešković, Milan Levar et enquêteur de la Haye, Slava (1998, Šaranova jama, Lika)

Il les a envoyés au diable en affirmant « tous ceux qui désirent racheter leur mauvais passé d’Udba ne sont pas beaucoup mieux que ceux qui ont commis les crimes et que ceux qui les ont ordonnés ».

Ils parlent des crimes uniquement quand il s’agit d’intérêts personnels ou de règlements de comptes. Pauvre Croatie, si des gens comme eux viennent de nouveau à participer au pouvoir ».

Même ses amis lui tournaient le dos

A plusieurs reprises, quand il était fâché contre quelqu’un de ses alliés, il savait me confier tous ceux au sommet, de l’ancien système politique et militaire croate, qui avaient témoigné aux enquêteurs de la Haye « en secret, pour sauver leur propre peau ». A cela il ajoutait : « tout ce que je fais est public et je ne fais pas de commerce avec les malheurs des autres comme certains faux protecteurs des droits de l’homme » Même ses amis lui tournaient souvent le dos ne pouvant pas supporter sa droiture et son obstination.

Il est tombé aussi en disgrâce auprès du Tribunal de la Haye et des personnalités publiques croates qui entretenaient des rapports proches avec les accusateurs de la Haye. Après avoir témoigné, avec deux des défenseurs de Gospić, Zdenko Ropac et Zdenko Bando, en 1997 à la Haye, ne pouvant se mettre d’accord sur le statut des témoins protégés, ils ont fait une conférence de presse et ont attaqué le TPI pour son inefficacité.

Ropac, Bando et le parrain de Levar, inspecteur de police à Gospić, Tomislav Orešković, sont quand même partis en Allemagne sous une certaine garantie du TPI tandis que Levar restait à parler à Gospić. C’est ainsi que je l’ai connu au début de l’année dernière quand il m’a appelé en offrant des nouveaux témoins et des récits concernant les crimes de guerre en Lika car il avait l’impression que les choses à la Haye et à Gospić étaient au point mort.

Suite à ces quelques textes que j’ai publiés l’année dernière, l’ex procureur croate Berislav Živković a démarré les recherches. Quand il est parti de ce poste au printemps dernier, il s’est vanté que pendant son mandat « le procureur de la République avait réagit même sur les écrits des journaux ».

Entre temps, ni pendant ces recherches, ni après, en avril quand les enquêteurs de la Haye ont commencé les exhumations aux alentours de Gospić, aucun membre ni du parquet général ni de la police n’a fait appel à Milan Levar pour qu’il leur offre ses renseignements.

Ses adversaires en avaient peur. Ils avaient peur de sa force physique, de son agilité et de sa détermination. Il ne portait pas de pistolet pour se défendre, seulement un canif. « Ils ont le « droit » de tirer sur moi une seule fois. S’ils me ratent ils savent ce qui les attend » m’a t-il dit une fois sans sourciller. Selon beaucoup d’indices, il avait un fort caractère, il savait bien qu’il fallait éviter « les escarmouches dans la rue et dans les cafés » c’est pourquoi, il ne se mettait pas dans la situation de tuer quelqu’un ou d’être tué ce qui aurait pu être interprété comme un prétendu règlement de comptes bénin.

Ils l’ont arrêté quand même

Il m’a appelé l’été dernier, grognant parce qu’une dame l’avait giflé dans la rue. Je l’ai calmé et il a continué : « J’arrivais juste à la hauteur de la maison de ma mère quand, d’une voiture immatriculée à Zagreb, surgit une dame menue me demandant si j’étais Milan Levar. Je lui ai demandé de quoi elle avait besoin ? Elle prit son élan comme une furie et me gifla, en criant qu’elle est la femme de Tihomir Oresković et qu’avec mon « aboiement » je lui ai démoli sa famille. Je ne pouvais pas croire que Tihomir était aussi lâche et qu’il avait excité son épouse contre moi. Je t’ai appelé, toi, pour ne pas aller maintenant le chercher dans les auberges et pour ne pas faire une bêtise à cause de laquelle tout ce que j’ai dit ou fait pourrait tomber à l’eau. »

Nombreux considèrent Milan Levar comme un traître et se réjouissent de sa mort. « Si moi je suis traître, et les ex-yougoslaves de Gospić, les communistes et les Serbes, qui ont changé leurs noms et leurs prénoms sont meilleurs citoyens que moi, soit. Seulement je ne vais jamais renoncer à mes intentions d’enlever la souillure de mon peuple croate et d’accuser pour les crimes les personnes concrètes de Croatie mais aussi les membres des services secrets étrangers qui sont responsables et coupables de la mort d’une centaine de mes concitoyens Serbes, mais aussi Croates. Si je suis un traître parce que je ne souhaite pas que l’on désigne mon peuple comme « génocidaire » pendant les 50 années qui suivent, soit. Dans l’intention qu’on ne sache que la vérité de ce qui s’est passé ici, ce n’est ni la Haye, ni Washington ni Moscou qui m’arrêteront et encore moins certains lâches et crétins d’ici dont l’intelligence est au niveau de la température de la pièce. »

Certains prenaient Milan Levar pour un agent secret instruit et interprétaient les fondements et motivations de tout ce qu’il faisait. Milan Levar ne prenait pas en considération de telles accusations. Il ajouterai seulement : « Quel genre d’agent secret suis-je si je déteste les secrets ? Moi, j’interdirai tous les secrets avec la loi ».

Si n’importe qui d’autre avait été tué lundi dernier à Gospić, Milan Levar se serait déjà chargé que le public sache comment il a été tué, qui l’a tué, et qui a commandé sa mort ?

« Micho, j’attends encore et toujours ton appel ».

Croatie : la métamorphose
Entretien avec Stipe Mesic, président de la République de Croatie

Thomas Hofnung - A la fin du mois d’août dernier, Milan Levar a été assassiné devant son domicile. La victime avait eu le tort de dénoncer publiquement les crimes perpétrés par les troupes croates durant la guerre. Vous-même, vous avez fait l’objet de menaces de mort quelques jours plus tard. Il semble que certains soient prêts à tout pour mettre en échec votre politique …

Stipe Mesic - L’assassinat de Milan Levar est un crime contre la Croatie, commis avec l’idée de pousser ce pays à se replier sur lui-même. Ses auteurs espèrent ainsi pouvoir continuer leur oeuvre de pillage de la nation, à l’abri des regards du monde extérieur. Mais je peux vous dire que ce combat est perdu d’avance ! La Croatie est un Etat de droit. Chaque citoyen doit y être protégé et c’est pourquoi cet attentat ne restera pas impuni.

Thomas Hofnung, POLITIQUE INTERNATIONALE, Automne 2000

ii. - Le cas Levar


Milan Levar, un croate de la ville de Gospic, avait révélé en 1998 aux enquêteurs du TPIY des crimes commis par des soldats croates sur des civils serbes à Gospic en 1991. Il était considéré comme un témoin potentiel de l’accusation. Il avait également ensuite donné des interviews à la presse croate où il portait des accusations contre les généraux de l’armée croate Mirko Norac et Tihomir Oreskovic, ainsi que contre des politiciens de haut rang qu’il accusait d’avoir couvert les exactions.


Milan Levar a été tué dans un attentat à la bombe sur sa voiture dans sa ville natale de Gospic en août 2000. Aucune poursuite n’a été lancée dans cette affaire.


Levar avait refusé la protection du TPIY car il voulait garder un profil public en Croatie. Il ne cachait en aucune façon sa coopération avec le tribunal international, au contraire. Pour lui, se faire connaître du public semblait être la meilleure protection. Cependant, Levar avait demandé au TPIY de solliciter la coopération des autorités croates pour assurer sa protection. Un communiqué de presse du bureau du Procureur à la suite de la mort de Levar indique que le bureau du procureur s’était en effet adressé aux autorités croates qui avaient dans une lettre admis leur responsabilité pour la protection de Milan Levar en Croatie. Le Ministre de l’Intérieur Croate a déclaré que la requête du TPIY était effectivement dans les archives mais qu’elle n’avait jamais été transmise à la police compétente.

Laetitia BONNET, Droits fondamentaux, n° 5, janvier - décembre 2005

January 14th, 2007

The Cigarette War

Globus, 20 November 1998 (in Croatian, PDF version)

Son of Federal Republic of Yugoslavia President Slobodan Milosevic, Marko Milosevic, Causes DM10 Billion Damage to the European Union Every Year With the Smuggling of Cigarettes to Sweden!

Report by Zeljko Peratovic

The peaceful Swedish public was disturbed on 4 November 1998 by a documentary entitled “The Cigarette War” broadcast on the second channel of the state television. This film, made by two Swedish journalists, Anita Jekander and Tonci Percan, who originate from Istra, Croatia, reveals the relations between Serb gangsters from Sweden and the family of FRY President Slobodan Milosevic, more precisely, with his son Marko Milosevic.Tonci Percan in his studio

The documentary explains in detail why several Mafia-style murders took place in the Swedish capital this year when something like that was unimaginable in this safe country.

It reveals the background to the cigarette smuggling in Sweden, but also in thewhole European Union, which thus suffers damageto the tune of 10 billion German marks (DM) every year.

Witnesses from Belgrade, a group of economists gathered around the G-17 independent association, and the politician Zoran Djindjic explain that most of that black marketeering goes through a Yugoslav company whose management board is chaired by Marko Milosevic, and that the whole profits from the business, apart from a small share that goes to the Mafia, is used to finance the Yugoslav police and the war in Kosovo.                                                                           Tonci Percan in his studio in Stockholm

Many journalists from the Swedish state television documentary told the Globus journalist that the Yugoslav Ambassador in Stockholm had assessed the film as anti-Serb propaganda ordered by Croats. He was especially worried that the Milosevic family was implicated in the story. Our colleagues in Sweden were extremely surprised that it was the only thing that worried the Yugoslav Ambassador, whereas he was not worried that his countrymen had died in the streets of Stockholm and that their murders were ordered from his country, which was declared the country with the worst Mafia, worse even than the Russian Federation.

The Beginning of Bloody Showdowns

Recently, the Globus journalist visited Tonci Percan, co-author of the film, and talked to him in his office about his work.

It is interesting that “The Cigarette War” incorporated television footage from 1981 showing demonstrations by Swedish Croats calling for the release of Franjo Tudjman and Marko Veselica, who were in a Yugoslav prison at the time. The counter-demonstrations of Serbs who gathered in front of the Yugoslav Embassy in Stockholm were also filmed. They were headed by a Mafioso, Dragan Joksovic Joksa. His murder in February 1998 was the first in a sequence of Mafia showdowns in public places in Sweden.

In the aforementioned footage, Joksa showed his backside to the Croat demonstrators, and the narrator in the documentary explained that the small criminal who had been sent abroad by UDBA [State Security Agency] to perform dirty work against Croat immigrants had thereby gained significant sympathy in Belgrade, and he soon became a media star in Sweden: he appeared in several video spots with famous Swedish pop singers.

All this and the fact that Tonci Percan, apart from his Swedish one, also has a Croatian passport must have influenced the Yugoslav Ambassador in Stockholm to declare “The Cigarette War” documentary to be “Ustasha propaganda.”

Tonci Percan says that the fact he is a Croat did not influence the film in the least. The film, the author claims, is completely Swedish. “The Cigarette War” received favorable criticism in Swedish newspapers, which emphasized that it was commendable for “Swedish television to be able to boast such a research project, equal to a BBC production.”

“My colleague Anita Jekander and I are freelance journalists. Last year, we made a report on cigarette smuggling for Swedish television news. In February this year, when Dragan Joksovic Joksa was murdered at the Hippodrome, Swedish television contracted us about making a research film on the Serb underworld. The national television company invested about 200,000 German marks in the production of our work, and I think it will be commercial. The film has already been sold in Finland, negotiations with Danish television are underway, and an international version, which should come close to BBC production, is being made.”

Criminals Serving UDBA

Swedish newpapers write that the film truthfully shows the terrifying reality of the underworld, full of crime and murder, which is unknown to the average citizen.

“This film,” says Percan, “has nothing to do with Croatian propaganda, and perhaps as a journalist, I successfully found my way in the story because I covered the wars in Croatia and Bosnia-Herzegovina between 1991 and 1993, and therefore knew southeastern Europe better than the average Swedish journalist.”

The story of “The Cigarette War” begins with a shot of the memorial service held for Dragan Joksovic Joksa in the Serbian Orthodox Church in Stockholm, whereas the next scene shows a local graveyard in Podgorica, where he was buried in a typically Mafia way: with splendor and pomp. The funeral was attended by Zeljko Raznatovic Arkan, Joksa’s friend and the Mafia boss who is assumed to have ordered the retaliation.

Officially, Dragan Joksovic Joksa was murdered by a Finn over an unsettled debt. However, Arkan claimed later that Joksa’s murder was ordered by a certain Dragan Kovic, and he ordered his men to kill him. Kovic was killed while he was having dinner in a Stockholm restaurant last summer.

The Swedish police were so stunned by this act that the perpetrator, himself wounded in the shooting, managed to get to a hospital, where doctors tended to his wound, and leave the hospital before the police arrived.

Explaining how the Serb Mafia in Sweden became so strong, the authors included data on Arkan’s robberies of banks and rich people’s villas at the end of 1970s and on how he left Sweden in 1979. Dragan Joksovic Joksa came from Podgorica that same year and took his place.

Bozidar Spasic, former senior official in the Belgrade UDBA, tells how UDBA used to send criminals such as Joksa and Arkan abroad to harm the Croat and Albanian emigres. If they caused great damage in a particular country, then UDBA would withdraw them or transfer them to another country.

Spasic was the first in the film to say that the Serb Mafia is still connected with the Serbian authorities, doing their dirty work for them, such as the cigarette smuggling in the entire European Union.

Anita Brandin, a Swedish official with the European Union for the prevention of tax crime, presented the data that 76 percent of tax violations in the European Union are due to cigarette smuggling that is “headed by the Yugoslav Mafia” and that the European Union loses DM10 billion each year because of that.

Two Chains of Smuggling

According to Tonci Percan, of all tax violations in Sweden, only 2 percent involve the smuggling of cigarettes. Last year, Swedish police and customs confiscated 22 million cigarettes, of which 16 million came from Yugoslavia or Macedonia, whereby Macedonia is used only as a transit country for the Yugoslav Mafia.

It should be mentioned that the Mafia from Russian and the Baltic countries that are geographically much closer to Sweden cannot compete with the Serb Mafia, because the Serb Mafia, although farther away from its headquarters in Belgrade, places far more goods on the Scandinavian market.

Another particularity about the film “The Cigarette War” is that the authors managed to show the full chain of smuggling. It is revealed that US cigarettes arrive at the port of Antwerp in the Netherlands, where they are not subject to duty because they are meant for a third country, generally Macedonia. The journalists also went to Macedonia and tried to get a statement from the official import company “Macedonia Tabak”, but without success. That company officially resells those cigarettes to Yugoslav companies. The chairman of the management board of one such company is Marko Milosevic. That company exports those goods from the Greek port of Thessalonica, declaring the consignments to contain dried plums, to Sweden and other countries in Western Europe.

The second part of the chain goes through Montenegro to Italy. The journalists accompanied police at the apprehension of a group of smugglers who transported cigarettes from the port of Bar in Montenegro to the port of Bari in Italy.

The head of the anti-Mafia police in Bari explains that Montenegro provides refuge for Mafia members from the south of Italy and that the Italian police arrested the chief of police in Bar, who was staying in Italy at that time, because there was reasonable doubt that he was linked to organized crime.

Carl Bildt, Former Swedish Prime Minister and the High Representative of the European Union in Bosnia-Herzegovina, claims that the sanctions imposed on the Federal Republic of Yugoslavia by the international community helped the development of crime in that country and its spread within the European Union. During his stay in Herzeg Novi, he saw for himself that the loading of cigarettes onto boats and their transport to Italy was a normal job, and that the police were quite indifferent to it.

The cigarettes that go through Italy cover the south of Europe. In Spain alone, 15 percent of the total number of tax violations are due to the smuggling of Serb cigarettes.

The Serb Mafia realizes a huge profit. The cigarettes that they buy from Americans or from the cigarette production company “Prince” in Denmark cost DM1.5 a pack. In Sweden, they are sold for DM10 a pack because, on the legal market, their price is even higher due to the high taxes introduced by the Swedish Government. The same applies in Sweden, where a box of cigarettes costs DM12. In Germany, they are somewhat cheaper, they cost about DM5.

The Belgrade economists gathered around the G-17 association explain that most of that money ends in the secret funds of the Yugoslav Government from which the police and the war in Kosovo are financed.

Serbo-Croatian Mafia Connection

Swedish television made sure Tonci Percan received proper protection after the film was shownd. Several times during our talks - apart from his studio, we talked in a couple of Stockholm restaurants - his mobile phone rang and he explained who he was with and what the journalist he was talking to wanted.

Percan says that the only negative side of his film was, perhaps, that he will not dare go to Yugoslavia for some time to cover the events in Kosovo.

Since the film treats in detail the phenomenon of Yugoslavia as the main smugglers country in Europe, we asked Percan if he would be against showing “The Cigarette War” in Croatia.

“I would not be against it, on the contrary, just let Croatian national television agree with Swedish television on the price,” said Percan.

Place of murder
In our opinion, something is missing from the film. A great opportunity was missed; an opportunity to describe the relations between the Yugoslav Mafia and the Croatian underworld that the Croatian newspapers wrote so much about on the occasion of Zlatko Bagaric’s murder.

The best example of those relations is the smuggling of the Serb cigarettes through Podunavlje, in which, it is suspected, the Croatian authorities, customs, and police are involved. So far, the chain was only cut at the Bajakovo border crossing and in the port of Rijeka. The Serb Mafia cigarettes can be bought at the Zagreb market in Utrina, and cigarettes from Montenegro are sold on the Split market.

According to Globus’ sources, on the Croatian side, certain local politicians from the ruling party are taking part in the black marketeering, as well as some Serb politicians from Podunavlje who are close to the
authorities.
Globus’ journalist in front of restaurant where Dragan Kovic was killed.

When we asked Tonci Percan if he knew anything about it, he just shrugged. From that, we concluded that one should not cause additional problems for the man who is being stalked by the most dangerous Mafia in Europe.