Archive for January, 2007

Le cas Levar

Monday, January 15th, 2007

FOKUS, 01. septembre 2000

Milan Levar Fokus

Quest ce que Milan Levar a dit notre journaliste immdiatement
avant sa mort ? Les tmoins volent dans les cieux

Le cas Levar

Notre journaliste a tlphon Milan Levar immdiatement avant son assassinat. Cet mouvant rcit a t crit de la main de son ami et bon connaisseur des jeux obscurs dans le vestibule croate de La Haye.

Tmoignage sur lami assassin

Dernier entretien avec Micho

(NdT : Micho est le diminutif affectif croate du prnom Milan)

Quand le lundi 28 aot, autour de 17h, mon collgue et ami de Novi list Robert Frank ma apppel en me demandant si je pouvais vrifier linformation anonyme arrive sa rdaction selon laquelle Milan Levar stait suicid, je lui ai dit que je navais pas envie de perdre de temps avec des sottises. Javais parl par tlphone avec Micho ce jour-l, vers midi et il mavait laiss limpression dtre mieux dispos que jamais. Il avait comment dans le journal lintervention de Mile Kosović, ancien commandant du rgiment des Domobrani (dfenseurs ndt) de Gospić, lequel, avec le gnral Rahim Ademi, avait t le Pedro de laction de Medački dep. Levar stait rjoui du fait que Kosović commenait parler mme si il navait dit quun centime de la vrit . Il commenta : les rapports se brisent entre ceux qui sont responsables de cette honte croate. Kosović na pas directement parl des crimes de guerre commis pendant cette opration, mais il est vident quil na pas parl sans raison. Il a peur pour lui-mme et il nomme le gnral Norac, puis la double ligne de commandement du ministre uak dans larme croate, et cela est dj quelque chose. Voil, au moins Levar nest pas le seul qui est prs parler de ces choses .

A cette occasion, Milan ma alert sur la grave situation dans laquelle se trouvait la sur de Zdenko Ropac, un des tmoins de La Haye concernant le cas Gospić. Devant les incessantes menaces cause de la tratrise de son frre , elle avait demand un refuge provisoire dans une clinique psychiatrique. Tu ne dois pas crire ce sujet, mais il est bien que tu saches ma-t-il dit. Il sest aussi plaint dun ancien politicien de Lika, qui calcule indfiniment quelque chose, mais qui est prt parler des crimes de Gospić uniquement quand il est directement menac ; mais tu sais, lui aussi est responsable ce certains mfaits qui se sont drouls en Lika .

Milan ma annonc notre prochaine rencontre et ma indiqu les personnes chez qui je pourrai chercher les documents dsigns, lis aux vnements qui se sont drouls durant laction Medački dep. Il a ajout quil allait mappeler dans la soire car il avait maintenant quelque chose faire dans son atelier.

Il se croyait indestructible

Comme Milan Levar tait quelquun enclin lhumour noir, jai finalement dcid de lappeler et de lui demander sil stait suicid.

Au tlphone dans lappartement, et sur plusieurs tlphones portables quil possdait, personne ne rpondait. Cela ma un peu inquit, mais jai pens quil tait possible quil se soit dcid brusquement pour un voyage avec sa famille, avec son pouse Vesna et son fils Lon, ce qui ntait pas rare. Peut-tre taient-ils descendus jusqu Karlobag pour une baignade ?

Jai appel une connaissance commune, un ancien haut fonctionnaire de ltat major de lArme Croate, et je lui ai demand en blaguant sil navait pas entendu courir le bruit que Levar stait suicid. Il ne sest pas suicid mais il est mort, son pouse Vesna vient de me lannoncer. Il a t victime dune explosion dans son atelier

Stupfait, jai transmis linformation Frank Rijeka. Tout ma sembl clair et je nai pas dout un instant quil tait mort dans un attentat, mme si des informations me sont rapidement parvenues, selon lesquelles il avait t victime dune manipulation imprudente dune bouteille de gaz.

Ensuite, un de ses amis que jai connu sur le front, fonctionnaire dun des services croates du renseignement, ma appel paniqu : Ils lont tu ! Je lui ai dit il y a quelques jours quils prparaient srieusement sa liquidation et quil devait arrter de se montrer en public. Il est all trop loin. Il pensait quil tait indestructible. Il ne ma pas cout !

Lagent secret rptait, comme un disque abm, quil avait bien dit Milan de ne pas se mler des affaires louches. Jai difficilement arrt la conversation poliment.

Temoin de la Haye

Monsieur Levar tait conscient quil pouvait tre arrt dans son action par un assassinat. Mais comment et pourquoi a-t-il t assassin aprs le 3 janvier 2000 ? Il sen rjouissait comme un enfant, en disant que LEtat de droit avait frapp la porte de la Croatie et que maintenant nous navions plus besoin du tribunal de la Haye. Nous pourrons juger nos criminels dans notre Etat de droit et dmocratique ma-t-il dit , encourag, pendant une courte rencontre, aprs avoir particip, en tant quami de la famille du prsident Mesić, la crmonie dintronisation prsidentielle.

De 1992 aujourdhui, Milan Levar avait donn une centaine dinterview aux mdias croates et trangers et depuis 1997, il avait aussi parl au Tribunal de la Haye des mfaits qui staient produits Gospić en 1991. Plusieurs attentats avaient t perptrs contre lui, on avait tir sur sa maison natale dans laquelle habitait sa mre Katica, et aussi dans la cour o il avait maintenant perdu la vie. On avait mme essay de le tuer en lempoisonnant et depuis il ne prenait plus de caf avec du sucre. Il portait sur lui du sucre artificiel.

Avant la guerre, il participait chaque bagarre Gospić. Il avait t exclu de lAcadmie de lair de Mostar car, lge de 15 ans, Il stait lanc sur un capitaine qui avait bless sa fiert nationale croate.

De la guerre, on sen souvient comme dun ardent combattant. Il combattait sur la premire ligne de dfense de Gospić, avec une trentaine dhommes, qui durant lt 1991, comme escouade dintervention de Pao imić tenaient les premires positions en direction de Lički Osiku.

Il avait crois trop souvent la mort, et cest pourquoi son humour noir tait difficilement comprhensible pour les gens trop sensibles. Il me parlait, en riant, des fossoyeurs qui transportaient sur leur dos les corps moiti dcomposs des victimes des crimes de guerre, et les vers grands comme des amuse-gueules glissaient sur le dos des fossoyeurs .

Il ma racont quil avait abandonn larme quand il avait lui-mme reu lordre de tuer les civils. Je ne suis pas all la guerre pour tuer des grands-mres comme ceux actuellement au pouvoir qui ont achet leur croaticit en change de sang et dargent . Telle tait la phrase quil employait comme locution.

Micho et les rdempteurs du pass des udbai

(NdT : agents secrets et collaborateurs des services ex-yougoslaves communistes)

Milan ne buvait plus dalcool depuis 15 ans dj, depuis la mort de son pre. Il ne buvait que du caf et de leau minrale. Vous auriez pu parler avec lui des heures et constater quil ne buvait que a. Ceux qui ne laimaient pas y trouvaient aussi le signe que Milan ntait pas normal. Un ex-politicien du HDZ (Union Nationale croate) essayait de me convaincre, lhiver dernier, en vidant une dixime bouteille de bire, que Milan Levar nest pas un vrai homme, car les vrais hommes ne boivent pas deau minrale ! Puis, celui qui peut supporter cela des heures durant, a certainement ruin pas seulement sa sant physique mais aussi psychique.

Quand, un jour avant sa mort, jai parl la terrasse de lhtel Dubrovnik Zagreb du cas de Medački dep, avec deux personnes de Lika, lun, agent secret et lautre, haut fonctionnaire du HDZ, les deux ont essay de me convaincre que Milan Levar tait un malade psychique. Pourquoi narrtait-il pas de parler une bonne fois pour toute ? Le monde repose sur des arrangements. Pourquoi naccepte-t-il pas ce quon lui propose ? Sil tait intelligent il aurait pu vivre mieux depuis longtemps. Pense-t-il quil est le Christ? Rien ne sera dmontr uniquement avec ses paroles, les preuves crites sont ncessaires ! Il y a diffrents ossements en Lika, mme depuis les Turcs. Sur certaines charniers poussent dj des forts !

Il y avait dj un certain temps que javais compris que ses allis rcents lui tournaient le dos. Tout ce que disaient sur lui ses ennemis de toujours ne me touchaient pas ; je lacceptais comme si quelquun me disait bonjour. Je ntais pas beaucoup surpris des propos de ces deux personnes de Lika ; je lui ai transmis une partie de leurs propos. Il ntait pas particulirement surpris.

Levar pokraj aranove jame
Tomislav Oreković, Milan Levar et enquteur de la Haye, Slava (1998, aranova jama, Lika)

Il les a envoys au diable en affirmant tous ceux qui dsirent racheter leur mauvais pass dUdba ne sont pas beaucoup mieux que ceux qui ont commis les crimes et que ceux qui les ont ordonns .

Ils parlent des crimes uniquement quand il sagit dintrts personnels ou de rglements de comptes. Pauvre Croatie, si des gens comme eux viennent de nouveau participer au pouvoir .

Mme ses amis lui tournaient le dos

A plusieurs reprises, quand il tait fch contre quelquun de ses allis, il savait me confier tous ceux au sommet, de lancien systme politique et militaire croate, qui avaient tmoign aux enquteurs de la Haye en secret, pour sauver leur propre peau . A cela il ajoutait : tout ce que je fais est public et je ne fais pas de commerce avec les malheurs des autres comme certains faux protecteurs des droits de lhomme Mme ses amis lui tournaient souvent le dos ne pouvant pas supporter sa droiture et son obstination.

Il est tomb aussi en disgrce auprs du Tribunal de la Haye et des personnalits publiques croates qui entretenaient des rapports proches avec les accusateurs de la Haye. Aprs avoir tmoign, avec deux des dfenseurs de Gospić, Zdenko Ropac et Zdenko Bando, en 1997 la Haye, ne pouvant se mettre daccord sur le statut des tmoins protgs, ils ont fait une confrence de presse et ont attaqu le TPI pour son inefficacit.

Ropac, Bando et le parrain de Levar, inspecteur de police Gospić, Tomislav Oreković, sont quand mme partis en Allemagne sous une certaine garantie du TPI tandis que Levar restait parler Gospić. Cest ainsi que je lai connu au dbut de lanne dernire quand il ma appel en offrant des nouveaux tmoins et des rcits concernant les crimes de guerre en Lika car il avait limpression que les choses la Haye et Gospić taient au point mort.

Suite ces quelques textes que jai publis lanne dernire, lex procureur croate Berislav ivković a dmarr les recherches. Quand il est parti de ce poste au printemps dernier, il sest vant que pendant son mandat le procureur de la Rpublique avait ragit mme sur les crits des journaux .

Entre temps, ni pendant ces recherches, ni aprs, en avril quand les enquteurs de la Haye ont commenc les exhumations aux alentours de Gospić, aucun membre ni du parquet gnral ni de la police na fait appel Milan Levar pour quil leur offre ses renseignements.

Ses adversaires en avaient peur. Ils avaient peur de sa force physique, de son agilit et de sa dtermination. Il ne portait pas de pistolet pour se dfendre, seulement un canif. Ils ont le droit de tirer sur moi une seule fois. Sils me ratent ils savent ce qui les attend ma t-il dit une fois sans sourciller. Selon beaucoup dindices, il avait un fort caractre, il savait bien quil fallait viter les escarmouches dans la rue et dans les cafs cest pourquoi, il ne se mettait pas dans la situation de tuer quelquun ou dtre tu ce qui aurait pu tre interprt comme un prtendu rglement de comptes bnin.

Ils lont arrt quand mme

Il ma appel lt dernier, grognant parce quune dame lavait gifl dans la rue. Je lai calm et il a continu : Jarrivais juste la hauteur de la maison de ma mre quand, dune voiture immatricule Zagreb, surgit une dame menue me demandant si jtais Milan Levar. Je lui ai demand de quoi elle avait besoin ? Elle prit son lan comme une furie et me gifla, en criant quelle est la femme de Tihomir Oresković et quavec mon aboiement je lui ai dmoli sa famille. Je ne pouvais pas croire que Tihomir tait aussi lche et quil avait excit son pouse contre moi. Je tai appel, toi, pour ne pas aller maintenant le chercher dans les auberges et pour ne pas faire une btise cause de laquelle tout ce que jai dit ou fait pourrait tomber leau.

Nombreux considrent Milan Levar comme un tratre et se rjouissent de sa mort. Si moi je suis tratre, et les ex-yougoslaves de Gospić, les communistes et les Serbes, qui ont chang leurs noms et leurs prnoms sont meilleurs citoyens que moi, soit. Seulement je ne vais jamais renoncer mes intentions denlever la souillure de mon peuple croate et daccuser pour les crimes les personnes concrtes de Croatie mais aussi les membres des services secrets trangers qui sont responsables et coupables de la mort dune centaine de mes concitoyens Serbes, mais aussi Croates. Si je suis un tratre parce que je ne souhaite pas que lon dsigne mon peuple comme gnocidaire pendant les 50 annes qui suivent, soit. Dans lintention quon ne sache que la vrit de ce qui sest pass ici, ce nest ni la Haye, ni Washington ni Moscou qui marrteront et encore moins certains lches et crtins dici dont lintelligence est au niveau de la temprature de la pice.

Certains prenaient Milan Levar pour un agent secret instruit et interprtaient les fondements et motivations de tout ce quil faisait. Milan Levar ne prenait pas en considration de telles accusations. Il ajouterai seulement : Quel genre dagent secret suis-je si je dteste les secrets ? Moi, jinterdirai tous les secrets avec la loi .

Si nimporte qui dautre avait t tu lundi dernier Gospić, Milan Levar se serait dj charg que le public sache comment il a t tu, qui la tu, et qui a command sa mort ?

Micho, jattends encore et toujours ton appel .

Croatie : la mtamorphose
Entretien avec Stipe Mesic, prsident de la Rpublique de Croatie

Thomas Hofnung – A la fin du mois d’aot dernier, Milan Levar a t assassin devant son domicile. La victime avait eu le tort de dnoncer publiquement les crimes perptrs par les troupes croates durant la guerre. Vous-mme, vous avez fait l’objet de menaces de mort quelques jours plus tard. Il semble que certains soient prts tout pour mettre en chec votre politique …

Stipe Mesic – L’assassinat de Milan Levar est un crime contre la Croatie, commis avec l’ide de pousser ce pays se replier sur lui-mme. Ses auteurs esprent ainsi pouvoir continuer leur oeuvre de pillage de la nation, l’abri des regards du monde extrieur. Mais je peux vous dire que ce combat est perdu d’avance ! La Croatie est un Etat de droit. Chaque citoyen doit y tre protg et c’est pourquoi cet attentat ne restera pas impuni.

Thomas Hofnung, POLITIQUE INTERNATIONALE, Automne 2000

ii. – Le cas Levar


Milan Levar, un croate de la ville de Gospic, avait rvl en 1998 aux enquteurs du TPIY des crimes commis par des soldats croates sur des civils serbes Gospic en 1991. Il tait considr comme un tmoin potentiel de laccusation. Il avait galement ensuite donn des interviews la presse croate o il portait des accusations contre les gnraux de larme croate Mirko Norac et Tihomir Oreskovic, ainsi que contre des politiciens de haut rang quil accusait davoir couvert les exactions.


Milan Levar a t tu dans un attentat la bombe sur sa voiture dans sa ville natale de Gospic en aot 2000. Aucune poursuite na t lance dans cette affaire.


Levar avait refus la protection du TPIY car il voulait garder un profil public en Croatie. Il ne cachait en aucune faon sa coopration avec le tribunal international, au contraire. Pour lui, se faire connatre du public semblait tre la meilleure protection. Cependant, Levar avait demand au TPIY de solliciter la coopration des autorits croates pour assurer sa protection. Un communiqu de presse du bureau du Procureur la suite de la mort de Levar indique que le bureau du procureur stait en effet adress aux autorits croates qui avaient dans une lettre admis leur responsabilit pour la protection de Milan Levar en Croatie. Le Ministre de lIntrieur Croate a dclar que la requte du TPIY tait effectivement dans les archives mais quelle navait jamais t transmise la police comptente.

Laetitia BONNET, Droits fondamentaux, n 5, janvier – dcembre 2005

The Cigarette War

Sunday, January 14th, 2007

Globus, 20 November 1998 (in Croatian, PDF version)

Son of Federal Republic of Yugoslavia President Slobodan Milosevic, Marko Milosevic, Causes DM10 Billion Damage to the European Union Every Year With the Smuggling of Cigarettes to Sweden!

Report by Zeljko Peratovic

The peaceful Swedish public was disturbed on 4 November 1998 by a documentary entitled “The Cigarette War” broadcast on the second channel of the state television. This film, made by two Swedish journalists, Anita Jekander and Tonci Percan, who originate from Istra, Croatia, reveals the relations between Serb gangsters from Sweden and the family of FRY President Slobodan Milosevic, more precisely, with his son Marko Milosevic.Tonci Percan in his studio

The documentary explains in detail why several Mafia-style murders took place in the Swedish capital this year when something like that was unimaginable in this safe country.

It reveals the background to the cigarette smuggling in Sweden, but also in thewhole European Union, which thus suffers damageto the tune of 10 billion German marks (DM) every year.

Witnesses from Belgrade, a group of economists gathered around the G-17 independent association, and the politician Zoran Djindjic explain that most of that black marketeering goes through a Yugoslav company whose management board is chaired by Marko Milosevic, and that the whole profits from the business, apart from a small share that goes to the Mafia, is used to finance the Yugoslav police and the war in Kosovo. Tonci Percan in his studio in Stockholm

Many journalists from the Swedish state television documentary told the Globus journalist that the Yugoslav Ambassador in Stockholm had assessed the film as anti-Serb propaganda ordered by Croats. He was especially worried that the Milosevic family was implicated in the story. Our colleagues in Sweden were extremely surprised that it was the only thing that worried the Yugoslav Ambassador, whereas he was not worried that his countrymen had died in the streets of Stockholm and that their murders were ordered from his country, which was declared the country with the worst Mafia, worse even than the Russian Federation.

The Beginning of Bloody Showdowns

Recently, the Globus journalist visited Tonci Percan, co-author of the film, and talked to him in his office about his work.

It is interesting that “The Cigarette War” incorporated television footage from 1981 showing demonstrations by Swedish Croats calling for the release of Franjo Tudjman and Marko Veselica, who were in a Yugoslav prison at the time. The counter-demonstrations of Serbs who gathered in front of the Yugoslav Embassy in Stockholm were also filmed. They were headed by a Mafioso, Dragan Joksovic Joksa. His murder in February 1998 was the first in a sequence of Mafia showdowns in public places in Sweden.

In the aforementioned footage, Joksa showed his backside to the Croat demonstrators, and the narrator in the documentary explained that the small criminal who had been sent abroad by UDBA [State Security Agency] to perform dirty work against Croat immigrants had thereby gained significant sympathy in Belgrade, and he soon became a media star in Sweden: he appeared in several video spots with famous Swedish pop singers.

All this and the fact that Tonci Percan, apart from his Swedish one, also has a Croatian passport must have influenced the Yugoslav Ambassador in Stockholm to declare “The Cigarette War” documentary to be “Ustasha propaganda.”

Tonci Percan says that the fact he is a Croat did not influence the film in the least. The film, the author claims, is completely Swedish. “The Cigarette War” received favorable criticism in Swedish newspapers, which emphasized that it was commendable for “Swedish television to be able to boast such a research project, equal to a BBC production.”

“My colleague Anita Jekander and I are freelance journalists. Last year, we made a report on cigarette smuggling for Swedish television news. In February this year, when Dragan Joksovic Joksa was murdered at the Hippodrome, Swedish television contracted us about making a research film on the Serb underworld. The national television company invested about 200,000 German marks in the production of our work, and I think it will be commercial. The film has already been sold in Finland, negotiations with Danish television are underway, and an international version, which should come close to BBC production, is being made.”

Criminals Serving UDBA

Swedish newpapers write that the film truthfully shows the terrifying reality of the underworld, full of crime and murder, which is unknown to the average citizen.

“This film,” says Percan, “has nothing to do with Croatian propaganda, and perhaps as a journalist, I successfully found my way in the story because I covered the wars in Croatia and Bosnia-Herzegovina between 1991 and 1993, and therefore knew southeastern Europe better than the average Swedish journalist.”

The story of “The Cigarette War” begins with a shot of the memorial service held for Dragan Joksovic Joksa in the Serbian Orthodox Church in Stockholm, whereas the next scene shows a local graveyard in Podgorica, where he was buried in a typically Mafia way: with splendor and pomp. The funeral was attended by Zeljko Raznatovic Arkan, Joksa’s friend and the Mafia boss who is assumed to have ordered the retaliation.

Officially, Dragan Joksovic Joksa was murdered by a Finn over an unsettled debt. However, Arkan claimed later that Joksa’s murder was ordered by a certain Dragan Kovic, and he ordered his men to kill him. Kovic was killed while he was having dinner in a Stockholm restaurant last summer.

The Swedish police were so stunned by this act that the perpetrator, himself wounded in the shooting, managed to get to a hospital, where doctors tended to his wound, and leave the hospital before the police arrived.

Explaining how the Serb Mafia in Sweden became so strong, the authors included data on Arkan’s robberies of banks and rich people’s villas at the end of 1970s and on how he left Sweden in 1979. Dragan Joksovic Joksa came from Podgorica that same year and took his place.

Bozidar Spasic, former senior official in the Belgrade UDBA, tells how UDBA used to send criminals such as Joksa and Arkan abroad to harm the Croat and Albanian emigres. If they caused great damage in a particular country, then UDBA would withdraw them or transfer them to another country.

Spasic was the first in the film to say that the Serb Mafia is still connected with the Serbian authorities, doing their dirty work for them, such as the cigarette smuggling in the entire European Union.

Anita Brandin, a Swedish official with the European Union for the prevention of tax crime, presented the data that 76 percent of tax violations in the European Union are due to cigarette smuggling that is “headed by the Yugoslav Mafia” and that the European Union loses DM10 billion each year because of that.

Two Chains of Smuggling

According to Tonci Percan, of all tax violations in Sweden, only 2 percent involve the smuggling of cigarettes. Last year, Swedish police and customs confiscated 22 million cigarettes, of which 16 million came from Yugoslavia or Macedonia, whereby Macedonia is used only as a transit country for the Yugoslav Mafia.

It should be mentioned that the Mafia from Russian and the Baltic countries that are geographically much closer to Sweden cannot compete with the Serb Mafia, because the Serb Mafia, although farther away from its headquarters in Belgrade, places far more goods on the Scandinavian market.

Another particularity about the film “The Cigarette War” is that the authors managed to show the full chain of smuggling. It is revealed that US cigarettes arrive at the port of Antwerp in the Netherlands, where they are not subject to duty because they are meant for a third country, generally Macedonia. The journalists also went to Macedonia and tried to get a statement from the official import company “Macedonia Tabak”, but without success. That company officially resells those cigarettes to Yugoslav companies. The chairman of the management board of one such company is Marko Milosevic. That company exports those goods from the Greek port of Thessalonica, declaring the consignments to contain dried plums, to Sweden and other countries in Western Europe.

The second part of the chain goes through Montenegro to Italy. The journalists accompanied police at the apprehension of a group of smugglers who transported cigarettes from the port of Bar in Montenegro to the port of Bari in Italy.

The head of the anti-Mafia police in Bari explains that Montenegro provides refuge for Mafia members from the south of Italy and that the Italian police arrested the chief of police in Bar, who was staying in Italy at that time, because there was reasonable doubt that he was linked to organized crime.

Carl Bildt, Former Swedish Prime Minister and the High Representative of the European Union in Bosnia-Herzegovina, claims that the sanctions imposed on the Federal Republic of Yugoslavia by the international community helped the development of crime in that country and its spread within the European Union. During his stay in Herzeg Novi, he saw for himself that the loading of cigarettes onto boats and their transport to Italy was a normal job, and that the police were quite indifferent to it.

The cigarettes that go through Italy cover the south of Europe. In Spain alone, 15 percent of the total number of tax violations are due to the smuggling of Serb cigarettes.

The Serb Mafia realizes a huge profit. The cigarettes that they buy from Americans or from the cigarette production company “Prince” in Denmark cost DM1.5 a pack. In Sweden, they are sold for DM10 a pack because, on the legal market, their price is even higher due to the high taxes introduced by the Swedish Government. The same applies in Sweden, where a box of cigarettes costs DM12. In Germany, they are somewhat cheaper, they cost about DM5.

The Belgrade economists gathered around the G-17 association explain that most of that money ends in the secret funds of the Yugoslav Government from which the police and the war in Kosovo are financed.

Serbo-Croatian Mafia Connection

Swedish television made sure Tonci Percan received proper protection after the film was shownd. Several times during our talks – apart from his studio, we talked in a couple of Stockholm restaurants – his mobile phone rang and he explained who he was with and what the journalist he was talking to wanted.

Percan says that the only negative side of his film was, perhaps, that he will not dare go to Yugoslavia for some time to cover the events in Kosovo.

Since the film treats in detail the phenomenon of Yugoslavia as the main smugglers country in Europe, we asked Percan if he would be against showing “The Cigarette War” in Croatia.

“I would not be against it, on the contrary, just let Croatian national television agree with Swedish television on the price,” said Percan.

Place of murder
In our opinion, something is missing from the film. A great opportunity was missed; an opportunity to describe the relations between the Yugoslav Mafia and the Croatian underworld that the Croatian newspapers wrote so much about on the occasion of Zlatko Bagaric’s murder.

The best example of those relations is the smuggling of the Serb cigarettes through Podunavlje, in which, it is suspected, the Croatian authorities, customs, and police are involved. So far, the chain was only cut at the Bajakovo border crossing and in the port of Rijeka. The Serb Mafia cigarettes can be bought at the Zagreb market in Utrina, and cigarettes from Montenegro are sold on the Split market.

According to Globus’ sources, on the Croatian side, certain local politicians from the ruling party are taking part in the black marketeering, as well as some Serb politicians from Podunavlje who are close to the
authorities.
Globus’ journalist in front of restaurant where Dragan Kovic was killed.

When we asked Tonci Percan if he knew anything about it, he just shrugged. From that, we concluded that one should not cause additional problems for the man who is being stalked by the most dangerous Mafia in Europe.