Les juges et les espions

Grâce à mes bonnes relations avec l’agence de détectives «Krtica» (Taupe) j’ai appris tout à fait gratuitement que vendredi dernier, non loin de la place de Grande Bretagne, ont déjeuné ensemble Franjo Turek ancien chef du contre espionnage (POA) qui a présenté au sommet de l’Etat mes prétendues activités ennemies et Marijan Svedrović, Juge à la Cour suprême, l’un des trois juges qui autorisent les mesures secrètes de surveillance des services de renseignements et de contre espionnage croates (POA et SOA).
La commission parlementaire pour la politique intérieure et la sécurité nationale a établi que mes droits de l’Homme avaient été violés mais que Turek n’avait pas violé la Loi, c’est à dire que j’ai été diffamé sans preuve d’être un ennemi de l’Etat mais qu’en préparant cette diffamation Turek n’avait pas utilisé de moyens de surveillance secrète. Cela signifie que dans mon cas, le Juge Svedrović n’a eu a joué aucun rôle. A ce propos, nous verrons plus tard !
Ces jours-ci s’est tenue l’audience du procès de Željko Bagić (le supérieur de Turek dans la magouille autour de Gotovina et Petrač), contre Ranko Ostojić, l’ancien directeur de la police. L’ancien conseiller du Président pour la Sécurité nationale fait un procès à Ostojić pour sa déclaration à FERAL selon laquelle Bagić, Turek et Pukanić sont des protecteurs du crime organisé. Ce cas est lié au Juge de la Cour suprême Marijan Svedrović et l’ancien chef de l’agence de contre espionnage Franjo Turek.
Ostojić s’est affronté au cercle autour de Gotovina et Petrač et est devenu lui-même victime de l’agence de contre espionnage :
Le lundi 19 avril, Ranko Ostojić, ancien chef de la police, a obtenu la confirmation officielle que des membres de l’agence de contre espionnage, alors dirigée par Franjo Turek, l’avaient surveillé, mis sur écoute, filmé et photographié sans qu’il le sache. L’information selon laquelle ont été autorisées contre lui des mesures de contrôle a été communiquée à Ostojić, correctement et en accord avec les obligations légales, par l’agence de contre espionnage elle-même. Les mesures de surveillance du chef de la police de Račan ont été ordonnées, sur proposition du directeur de l’agence de contre espionnage, par le Juge de la Cour suprême Marijan Svedrović, connu comme l’ancien avocat de l’organisation criminel (Nikica Jelavić…)! La surveillance du chef de la police a débuté officiellement le 05 mars mais il n’est pas clair de quelle manière est-il possible que la présentation relative au « cas des journaliste – Ostojić – Gotovina », avec les photographies et les éléments sur les mesures mises en œuvre, se soit tenue le lundi 1er mars, quatre jours avant que les mesures de contrôle d’Ostojić ne soient autorisées ?! Cela signifie-t-il que l’agence de contre espionnage a surveillé auparavant illégalement le chef de la police ?
Globus, 22 avril 2005.
Donc Svedrović a permis à Turek de surveiller légalement Ostojić et cela a, semble-t-il, renforcé leur amitié. Turek est apprécié non seulement des cercles judiciaires mais aussi des défenseurs des droits de l’Homme. Le vice-président de comité croate d’Helsinki Veljko Miljević est son avocat et le président du même comité a préfacé son dernier livre d’espionnage, qui peut s’acheter à «Profil», librairie dont le propriétaire est un autre membre du comité d’Helsinki Danijel Žderić. De plus, Puhovski se voit tous les samedis avec Svedrović au café «Charli».
En regardant tous ces liens, il n’est pas étonnant que ni Ostojić ni les 5 journalistes qui se sont plaints du traitement des services de contre espionnage n’aient obtenu le soutien du comité croate d’Helsinki ou d’une autre organisation croate non gouvernementale.
Par ailleurs, aucun des principaux médias, excepté Slobodna Dalmacija hier, n’ont rapporté l’audience de mon affaire. Il semblerait qu’il ne soit important à personne que le Tribunal ait ordonné au gouvernement qu’il libère l’ancien ministre Vesna Škare-Ožbolt de la conservation du secret d’Etat. Le Parlement avait en 2005 donné un tel ordre au ministre Marijan Mlinarić et ce dernier avait libéré Ranko Ostojić de la conservation du secret d’Etat, lequel avait pu témoigner ouvertement dans l’enquête parlementaire sur la surveillance des journalistes par l’agence de contre espionnage. Le Président Mesić et le ministre Marijan Mlinarić ont parlé publiquement de la présentation de Franjo Turek, violant l’obligation de conservation du secret. Le gouvernement n’a donc aucun argument formel pour ne pas libérer Vesna Škare-Ožbolt de la conservation du secret.
Je suis le premier journaliste qui fait un procès à l’Etat en raison du dommage subi du fait des services secrets et ce thème n’intéresse ni les médias, ni les organisations de journalistes, ni les ONG croates. Je n’ai pas d’autre choix que de chercher de l’aide à l’étranger.