Archive for September, 2008

La criminalit se tient en quasi contact avec l’Europe

Wednesday, September 24th, 2008

Zeljko Peratovic est un journaliste croate indpendant qui avait t brivement arrt en 2007 pour avoir divulgu sur son blog de prtendues informations classes secret d’Etat. Si je ne me trompe, il s’agit d’un cas unique en Europe d’arrestation d’un journaliste pour avoir t trop bavard de la sorte. La cause la plus probable est qu’il s’agit d’une bourde de la police croate, qui ne savait pas trs bien de quoi s’occuper ce jour-l. Peratovic avait d’ailleurs t relch ds le lendemain et aucune tte n’est jamais tombe en raison de cette affaire, qui semble-t-il n’a pas laiss beaucoup de traces ni de cicatrices.

A l’poque, j’avais crit plusieurs notes propos de cette histoire sur mon propre blog du “Courrier International”. Ce blog n’existe plus mais en surfant sur la tole je suis tomb sur mes anciens crits concernant Peratovic qu’il a lui-mme rcuprs. La preuve ici.

Ayant cliqu, vous verrez qu’il remercie un certain “Nabucho”, le pseudonyme que j’utilisais alors.

Plus bas apparaissent les notes d’une blogueuse tchque, qui avait galement relat l’affaire sur son propre blog du “Courrier International”.

Enfin, encore un peu plus bas apparat Nicholas Sarkozy, qui apparemment trane sa dgaine un peu partout.

***

Dans le texte que je prsente ci-dessous (une traduction d’une interview donne par Peratovic), il est peu probable que le lecteur qui n’est pas familiaris avec la politique croate y comprenne grand chose. C’est pourquoi j’ai d rajouter un minimum de notes explicatives. Mme ainsi, il n’est pas certain que cela suffise.

Alors contentons-nous de dire d’emble que Peratovic, qui est par ailleurs un journaliste gnralement considr bien inform, se rattache malheureusement un peu trop au courant conspirationiste. En effet, selon sa thse, grossirement rsume, les services de sret de l’ex-Yougoslavie (l’UDBA) auraient mut mais seraient toujours actifs en Croatie, et ils constitueraient le noeud central de toute cette corruption qui prolifre dans le pays. Personnellement je n’y crois pas beaucoup, mme si certains lments pars de cette ancienne police secrte yougoslave ont certainement survcu de la sorte.

A mon avis, les raisons qui font que la socit croate n’avance gure et reste englue dans la corruption sont beaucoup plus complexes et ne peuvent pas se rsumer la thse propose par Z. Peratovic. Il n’en reste pas moins un personnage intressant et courageux (en particulier lorsqu’il est le seul pointer le doigt sur le Parquet et Mladen Bajic). D’o cette traduction sur sa vision des choses :

Peratovic : Qui souhaite le pouvoir politique doit tre corrompu, et en cela les agents de l’UDBA sont les meilleurs

Sur une terrasse d’t nous avons rencontr Zeljko Peratovic, un journaliste indpendant et le blogueur politique croate le plus puissant. Aprs les vnements tumultueux, lorsque notre interlocuteur avait atterri en prison pour avoir rvl de soi-disant secrets d’Etat, la situation s’est calme ces derniers mois. Peut-tre est-ce justement Peratovic qui en a retir le plus grand profit car il a durablement attir l’attention de l’opinion publique sur sa personne.

En analysant son blog, de mme que ses textes journalistiques dans diffrents mdias croates, c’est sa vision ultra pessimiste de la socit croate en tant que profondment corrompue et indissolublement lie la criminalit qui apparat typique. Les politiciens et les partis politiques, les institutions tatiques, les services secrets, les barons conomiques, les criminels et mafiosi, tous s’entremlent chez Peratovic en un nid orwellien, dans lequel les protagonistes perdent toute trace discernable. Tous se ressemblent, que ce soit par la mentalit ou la morale, et pour actionner et relier tout cela seuls restent l’argent et le pouvoir.

Moj Portal : Il est inhabituel de trouver un journaliste qui critique en mme temps des politiciens aussi divers, en allant de Gojko Susak Stjepan Mesic. Existe-t-il pour vous des diffrences, voit-on l une orientation politique de droite et de gauche ?

Peratovic : Cela n’existe pas. La chose m’avait emball dans les annes 90, lorsque j’avais imagin que nous tions devenus une socit dmocratique sur le modle de l’Occident. Tous les principaux partis politiques flirtent avec toutes les idologies, si bien qu’ils se poussent au centre. Nous ne sommes pas encore une socit politique, mais plutt dans une phase pr-politique, et envers le principal problme que sont la corruption et la criminalit tous se comportent de la mme faon.

MP : Il n’existe donc pas de toutes grosses diffrences entre ces politiciens ? Par exemple, de quel milieu politique Mesic est-il issu ? De quels cercles mane Gojko Susak?

Peratovic : Certains croient que c’est le mme milieu, mais je ne peux pas l’affirmer. En dfinitive, tous les deux sont du HDZ [la Communaut dmocratique croate, N.d.T.] Certains ont attest que le groupe de Susak tait galement li l’UDBA. Ainsi Tudjman fut le premier des dissidents avoir obtenu un passeport et avoir pu voyager l’tranger. Eux l’avaient charg de faonner la Croatie selon leur modle et d’y inclure l’Herzgovine.

MP : Peut-on tout mettre ce point sur un mme pied, aussi bien l’immigration que les agents de l’UDBA ? N’avez-vous pas un peu exagr? Bruno Busic serait alors un agent de l’UDBA et il se serait lui-mmeassassin ?

Peratovic : Il n’y a pas de vritable gauche et droite. Le problme rside dans la poursuite des crimes. Lorsqu’un beau jour les crimes de l’UDBA auront fait l’objet d’un procs, des changements se produiront dans la conscience de la droite. Ainsi viendront disparatre les frustrations parmi ce qu’on appelle la droite, mais tous tendent en ralit la mme chose.

MP : Bon, admettons le point de vue radical que tous soient identiques et relis. Qui tire alors les ficelles ? Qui, indpendamment des politiciens en vue, dcide de tout ?

Peratovic : Ce que j’essaie d’expliquer et de rvler n’est pas une thorie classique de la conspiration qui possdeun centre de pouvoir que personne ne voit et qui possde ses intrts. Tout simplement il est advenu que lorsque la Croatie a t cre, le HDZ a t rejoint par nombre d’agents de l’UDBA, qui avaient ralis que la Yougoslavie se dcomposait. Ils dtenaient le plus important – l’information, et ils ont donc commenc investir dans le nationalisme. Il leur fallait sauver leur peau, et ils ont investi dans de nouveaux patrons. C’est ainsi que rien ne leur est arriv. Pendant la guerre seul un agent de l’UDBA a t tu, et c’est Marko Bezer. Ce chef de l’UDBA Osijek, plus tard membre du Comit excutif du Parti Zagreb, a t tu Jakusevac en 1991. L’UDBA n’est pas un service de sret de l’Etat ayant euson sige Belgrade, la chose n’tait pas centralise ce point. Ici interviennent divers groupes conomiques, y compris des sphres d’intrt mafieuses.

MP : Et que sont alors les partis politiques ?

Peratovic : La socit avait t criminalise ds avant la guerre. Le Procureur de la Rpublique Mladen Bajic a reu l’appui de tous au Parlement. Son prdcesseur avait t remplac parce qu’il avait encore trop voulu parler de la corruption dans les partis politiques. Mme Djapic s’est prononcen faveur de Bajic. Les principales structures sont corrompues. Qui souhaite le pouvoir politique doit tre corrompu. L’alignement est ncessaire, les contre services. Quant aux structures qui taient lies l’UDBA, ou la criminalit, ce sont elles qui nagent le mieux l-dedans car c’est le principe sur lequel elle fonctionnait. Ces quelques milliers d’employs dans l’UDBA avaient facilement contrl jusqu’aux plus hauts politiciens, avant tout en lanant des inculpations d’une part et de l’autre au moyen d’avantages. C’est comme a que les politiciens se font mutuellement chanter, ainsi, par exemple, Sanader et Mesic ne vont pas jusqu’au bout l’un contre l’autre. Il n’y a pas d’pilogue ni une seule affaire. Quelqu’un joue un peu des coudes, embranche une affaire, on mesure les rapports de force, on fait de nouveaux arrangements, et aprs cela on laisse tout tomber. La place centrale qui permet tout cela est le Parquet.

MP : Pouvons-nous fourrer dans la mme sarabande le journalisme ?

Peratovic : Oui.

MP : Faites-vous alors galement partie de cette oligarchie corrompue ?

Peratovic : Non.

MP : Dans cette vision ce point pessimiste o s’arrtent lesconglomrats opportunistes et pragmatiques dnus de tout idal ? O commence la sphre d’influence des cercles acadmiques, des diverses associations de la socit civile, d’individus minents ?

Peratovic : La criminalit se tient en quasi contact avec l’Europe. C’est ainsi par exemple qu’il en a t avec Nikica Jelavic, qui a t jug et libr et qui possde maintenant une maison de deux millions d’euros Pantovcak. Il a rcemment termin en prison en Slovnie en raison d’un mandat d’arrt en Allemagne. Dans un contexte rel avec l’Europe relle les choses vont fortement changer.

MP : A l’Ouest les thoriciens pessimistes du complot estiment aussi que certains lobbies tirent les ficelles dans l’ombre. Partant des mafias jusqu’aux compagnies multinationales toutes puissantes, l non plus il n’y a rien d’autre que leurs propres intrts. Comment nos sauveurs sont-ils alors ?

Peratovic : Il n’existe pas de socit idale, mais les gens dans ces pays sont nanmoins plus sensibles la corruption, la criminalit n’est pas ce point tendue. Chez nous il n’existe aucune responsabilit, les lections ne changent rien.Il y a euun surplus de voix sur les listes et personne au sein des partis n’a ragi. Les lections ne sont-elles pas dcides d’avance ?

Source: Balkanikum, 30.8.08 13:22

Kroatien ohne Pressefreiheit?

Tuesday, September 23rd, 2008


Kowalski trifft Schmidt vom 21.09.2008

EU-Mitgliedschaft ohne Pressefreiheit?In Zagreb gilt es als sicher, dass Kroatien das nchste EU-Mitglied wird.
Dabei ist das Beitrittskriterium Pressefreiheit nicht erfllt. Immer wieder werden Journalisten, die kritisch und investigativ berichten, angegriffen, verletzt, mit dem Tode bedroht.

Das Manuskript zum Beitrag (kroatisch):

Sommer 2008

Allein im ersten Halbjahr gab es sieben bergriffe auf Journalisten.

Danijela Banko, Reporter, in der Redaktion angegriffen

Filip Brala, Fotoreporter, auf dem Fuballplatz zusammengeschlagen

Drago Hedl, Redakteur, regelmig Todesdrohung

Die Liste des kroatischen Journalistenverbandes wird jeden Tag lnger. Journalisten, die seit 1991-seit der Unabhngigkeit Kroatiens-angegriffen, geschlagen, mit dem Leben bedroht wurden.

Er ist momentan das prominenteste Beispiel: Duan Milju. Am 2. Juni wurde er vor seinem Haus in Zagreb von zwei Mnnern fast zu Tode geprgelt.

Bis heute ist er krankgeschrieben, doch die Drohungen hren nicht auf. Tag und Nacht wird der von zwei Polizisten bewacht. Nur die Tter sind bis heute nicht gefasst.

Duan Milju
Redakteur Jutarnji List
Vermutlich waren Texte der Anlass, die ich ber die Mafia im stdtischen Baugewerbe geschrieben habe. ber Morde und ber die Frage, wie bestimmte Leute aus diesem Milieu zu ihrem Vermgen kommen konnten. Woher das Geld fr ihre Unternehmen eigentlich stammt.

Und warum die Regierung nichts dagegen unternimmt. Seit 20 Jahren schreibt Dusan Miljus ber die organisierte Kriminalitt in Kroatien und ihre Verstrickungen mit der Politik. Dieser Drohbriefe kam per Post.

Duan Milju
Du Scheier das ist die letzte Warnung. Es wre besser wen du dich verpissen wrdest, du Drecksau. Das nchste Mal werden wir schneller sein.

Sein Fall ist nur einer von vielen, aber er hat die Kollegen aufgerttelt. In seiner Zeitung, der Jutarnij list, zhlen sie in jeder Ausgabe die Tage, die seit dem Mordanschlag vergangen sind. Immer wieder wird das Foto des verletzten Journalisten gezeigt. Es wurde zum Symbol:dieses Mal will die kroatische Presse nicht locker lassen, bis der Fall geklrt ist. Das Foto zeigt aber auch: wer die Wahrheit schreibt, riskiert sein Leben. Die national-konservative Regierung drngt auf einen raschen EU-Beitritt. An allen ffentlichen Gebuden in Zagreb wehen schon EU-Fahnen. Dabei wird eine der Voraussetzungen, die Pressefreiheit, jeden Tag verletzt: Redaktionen werden von der Polizei durchsucht, Journalisten wegen Staatverleumdung angeklagt. Und immer wieder gibt es Drohungen und berflle. Das soll die europische ffentlichkeit endlich zur Kenntnis nehmen, fordert der kroatische Journalistenverband. Deshalb hat er ein Weibuch verfasst, das die bergriffe seit 1991 dokumentiert. Nur die Spitze des Eisbergs wie die Initiatorin Renata Ivanović wei. Denn bergriffe auf Lokaljournalisten werden nur selten gemeldet. Zu gro ist die Angst vor den rtlichen Machthabern. Und zu gering das Vertrauen in Polizei und Justiz.

Renata Ivanović
Vorsitzende der Sektion Investigativer Journalismus
Sobald die Tter der Polizei gemeldet werden, sind die betroffenen Journalisten erst recht neuen bergriffen ausgesetzt. Nur ein kleiner Teil der Vorflle wurde deshalb berhaupt gemeldet und nur wenige davon haben es bis zum Gericht geschafft. Die Gerichtsprozesse dauern bis zu acht Jahren. Die Angreifer und deren Auftraggeber werden mit groer Beharrlichkeit nicht gefunden. Nichts passiert. Den Gewaltttern wird kein Prozess gemacht und deshalb denke ich, wurden es in letzter Zeit immer mehr bergriffe.

Viele Journalisten wurden im Laufe der Jahre einfach mundtot gemacht. Ein prominentes Beispiel dafr ist eljko Peratović. Schon in den 90er Jahren hat er als einer der ersten offen ber die Vertreibung, Vergewaltigung und Ermordung von serbischen (und muslimischen - falsch, .p.) Einwohnern in der Ortschaft Gospic geschrieben. 2003 bekommt er den World Press Freedom Award von Reporter ohne Grenzen. Doch zu Hause bezeichnen sie ihn als Vaterlandsverrter und Staatsfeind. Er wechselt mehrfach seine Arbeitsstelle. Als keine Zeitung ihn mehr beschftigen will, beginnt er 2005 seine Berichte auf einem eigenen Blog zu publizieren. Im Oktober 2007 durchsucht die Polizei seine Wohnung und beschlagnahmt alle Unterlagen. Der Vorwurf: Verrat von Staatsgeheimnissen. Er wird kurzzeitig inhaftiert, ohne anschlieendes Verfahren, bis heute gibt es keine Anklageschrift.

eljko Peratović
Journalist und Blogger
Was mir passiert ist: nicht die Mafia hat mich berfallen, sondern die Regierung hat mich mehrere Male eingesperrt. Ich bin freier Journalist, aber es ist schwierig meine Artikel irgendwo unterzubekommen. Alle Redaktionen wissen, dass mich der kroatische Geheimdienst berwacht und keiner will das Risiko eingehen, dass auch seine Redaktion bespitzelt wird.

eljko Peratović
Journalist und Blogger
Pressefreiheit existiert in Kroatien immer noch nicht. Wenn man hier als Journalist berleben will, muss man die Finger lassen von Themen wie organisiertes Verbrechen, Geheimdienste, Kriegsverbrechen und politische Korruption.

Beitrag von Antonia Schmidt, rbb-online.de